Prologue : Le début d'une histoire

Minez pour retrouver votre monde

 

Autrefois notre monde était tellement vaste que notre soleil était caché par son étendue…

Nous ne pouvions faire le tour de ce monde sans traverser mille et une terres différentes aux langues et cultures toujours aussi étrangères et fascinantes…

Nous parcourions des kilomètres afin de récupérer des ressources nécessaires à notre survie, la terre était fertile et d’une abondance remarquable..

La mort nous surveillait au moindre faux pas dans nos aventures, prête à nous accompagner auprès de nos ancêtres…

 

L’ancien monde fut sous la protection des éléments, nous vivions en paix.. Mais, il faut que tu saches comment était notre monde avant l’enchaînement de ces terribles événements qui ravagèrent notre monde. 

 

Sous la protection du dieu Zakary, mon village était prospère, il était l’un des plus riches de la région ! Il était renommé pour son vin ainsi que son artisanat. Un artisanat que ma famille domine depuis plusieurs siècles. Cet art, la métallurgie est transmis à chaque génération de notre lignée, lui permettant de se perfectionner de sorte que chaque personne ayant eu affaire avec nous, n’arrivait plus à s’en passer.  

 

Tu te demandes pourquoi je te raconte l’âge d’or de mon village avant de te parler de nos malheurs, je comprends. Mais tu dois te douter que rien ne s’était passé comme prévu. Chaque famille possède une histoire qui lui est propre, avec sa part de malheur et sa part de bonheur. Malencontreusement, le destin avait choisi d’attribuer à ma famille une épreuve difficile…

 

Reprenons depuis le début, nous étions 6 dans la fratrie. J’étais la seule fille, j’étais chouchoutée par mes 5 frères, Zacko, Ewen, Thomas, Colas et Carl. Ils étaient tous bienveillants avec moi, même si certains étaient plus petits que moi ! Être la seule fille de la fratrie a ses avantages, aucun enfant au village n’osait me déranger, je n’ai jamais grandi avec la peur de me faire harceler par d’autres enfants, j’avais mes frères pour me protéger. 

 

Le plus jeune, Zacko, n’a jamais souhaité ni accepté la fin de notre monde, il n’était qu’un enfant curieux, qui ne souhaitait seulement aider les autres.

 

 À L'époque, nous vivions sous l'équilibre de 4 grands éléments : L’eau, la terre, le feu et l’air. Chaque élémentaire pouvait accepter les requêtes des humains, sous condition de demander une contrepartie équivalente, le plus souvent un sacrifice, ou une offrande. J’ai entendu dire que le feu souhaitait l'équivalent de notre poids en or, c’est fou non ? Heureusement, les élémentaires étaient capricieux et refusaient tout ce qui ne les intéressaient pas, ou qui ne leur rapportait rien d’intéressant, sinon la fin de l’ancien monde serait arrivée bien plus tôt. 

 

Une fois, l’eau avait accepté un accord terrible, celui de faire une farce à la terre en cachant une de ses îles. Les pertes avaient été terribles, l’eau ne connaissait pas encore la fragilité des humains et l’avait appris à ses dépens. Le contractant farceur avait quant à lui disparu dans la nature sans laisser de traces. Certains accusèrent Thalos, par jalousie, pour ses frères qui possédaient des temples sur cette île.

 

Enfin bon, reprenons l’histoire de cette triste époque…Zacko était un enfant adorable, apprécié par le village dans son entièreté. Il aurait pu devenir un grand alchimiste comme notre frère Colas… Mais comme je l’ai dit plus tôt, le destin en a décidé autrement.

 

Sa curiosité, sans égal, grandissait à chaque jour écoulé. Il voulait tout connaître, tout savoir. 

 

Souvent, il s'absentait pendant quelques heures, voire des journées entières, comme tous les enfants de son âge il vagabondait et jouait quelque part. Mais plus le temps passait, plus Zacko devenait pâle, il se maigrissait à vue d'œil, ses cernes étaient de plus en plus présentes sous ses yeux d’enfant…Il fut pris ensuite de crises de somnambulisme, de panique également, ses cauchemars ont commencé à le hanter à chaque fois qu’il osait dormir…Pendant deux ans la maladie le rongeait sans qu’aucun guérisseur ne puisse soulager son mal…

 

Les nuits de solstices d’hiver, il nous était interdit de sortir du village, une tradition que nous avions toujours respectée depuis des lustres. Lors de ces nuits, il est dit que les monstres sortent de terre, cherchant à détruire chaque créature de Zakary. 

 

Mais un soir où la Lune était au plus haut dans le ciel et la température était gelée, Zacko se leva du lit et sortit de la maison. Il était vrai qu'à chaque solstice d'hiver, son somnambulisme était plus fort. La porte s'étant mal fermée avec le gel, il put l'ouvrir sans problème et sortir. Inquiète, je l'ai suivi. Mais il semblait étrangement loin, peu importe le temps que je courrai il m’était impossible de réduire l’écart entre nous. 

 

Nous avons continué cette étrange course pendant plusieurs heures, en traversant champs et forêts funestes. Nous avions finalement mis les pieds dans une forêt ancienne.. Les arbres étaient gigantesques, leur feuillage était épais. On s’enfonça dans ce bois, de plus en plus touffu, de plus en plus sombre. Plus je m’avançais dans cette forêt, plus les arbres étaient lugubres. Ils poussaient, cherchant leur place au soleil. Il n’y avait pas d’animaux, ce que je trouvais étrange. Je l’avais suivi jusqu’à atteindre un gigantesque arbre, je n’avais jamais vu un arbre de cette sorte, il était imposant, composé de centaines de branches qui allaient dans toutes les directions. L’arbre était assez sinistre, une étrange aura s’y dégageait. Il n’y avait pas de feuillage, l’arbre était mort et tout ce qui entourait l’arbre l’était aussi.

 

Je vis Zacko s’insérer entre les grandes racines que composait cet arbre. De peur, je le suivis, me retrouvant alors face à l’obscurité. J’essayais de faire demi-tour, mais l’entrée avait disparu, cachée par la pénombre. Je m'avançai alors face à cette obscurité, il y faisait froid; l’ambiance était lugubre, je sentais des présences autour de moi.. Les ténèbres vivaient ici. J’avais perdu Zacko de vue, il fallait que je le retrouve pour qu’on puisse rentrer à la maison, cet endroit me faisait peur, je ne souhaitais pas rester ici.

 

Après plusieurs minutes de marche dans le noir, j'aperçus Zacko face à un lac glacé. Le lac était d’une beauté à couper le souffle, mais cette présence lugubre était encore présente, ce qui continua à me donner des frissons. Le froid avait pris possession de l’endroit et en avait fait son habitat. Il faisait sombre, très sombre. Seule une once de lumière éclairait les alentours du lac glacé. C’est via l’entremise de ce petit éclat de lune que j’avais réussi à apercevoir les différentes silhouettes. Zacko semblait discuter avec quelqu’un en direction du lac, j’entendais des murmures, des voix enfantines. Après m’être approchée de lui, je vis une silhouette enfantine, mais pas n’importe quel enfant. C’était mon frère Zacko mais fait de glace… J’étais médusé. Comment est-ce possible ? Cela semblait irréel. J’avais essayé de m’en rapprocher, mais cet être maléfique m’en empêchait, je ne le sais pas comment, mais j’étais paralysée, ma langue était engourdie, mes jambes étaient lourdes. Je ne pouvais rien faire, j’étais spectatrice de la scène… 

 

L’enfant de glace s’approcha.

 

  • Tiens, nous avons une nouvelle amie pour jouer.

 

Zacko afficha un visage inquiet.

 

  • Ne sois pas inquiet Zacko, j’existe pour vous protéger.

 

Sur ces derniers mots, sa main m’infligea une profonde blessure au ventre.

Zacko cria de surprise, je ne pus sortir aucun son de ma bouche mais la douleur me foudroyait de l’intérieur, le froid me glaçait le sang. Je sentais la douleur parcourir tout mon corps, j’essayais de bouger mais en vain, la créature me dirigeait telle une marionnette, nous étions devenus ses jouets…

 

Mon frère courut vers moi, mais l’enfant de glace l’en empêcha. À chaque pas qu’il faisait, la douleur en moi augmentait. Zacko était en larmes, le suppliant de me sauver.

 

Je sentais ma vision se troubler. L’enfant de glace releva Zacko et le mit face à lui.

 

  • Mais voyons, Zacko, nous sommes amis, je souhaite encore plus que toi la sauver mais…il faut que tu m’aides.

 

Zacko acquiesça, en larmes.

 

  • Je ferai tout ce que tu souhaites pour sauver Leïna, laisse-la, je t’en supplie. Répondit Zacko.

 

  • Tout ?  Ricana l’enfant. Nous avons donc enfin scellé un pacte Zacko.

 

Mon frère accepta le pacte qui nous condamna tous ce jour-là, il ne savait pas ce qui allait se passer, la seule chose qu’il souhaitait était de me sauver de cette souffrance atroce. 

 

La chose devint progressivement plus grande, une forme plus adulte, elle était grande et fine. Un sourire se dessina jusqu’au coin de ses -inexistants- yeux.

 

  • Les humains sont des êtres fragiles, nous, les Élémentaires, avons été créés par Zakary pour les protéger. Le temps, les maladies, les blessures, ils sont exposés à tant de danger, tant de morts…Ils se détruisent même entre eux. Les humains sont voués à se tuer et mourir, ils ont soif de guerre et de sang…Je vais sauver ta soeur, mais également tous les zakariens, dans la glace le temps s’arrête, la maladie ne se propage pas, les blessures ne font pas mal, les guerres ne se déploient pas…

 

Zacko tenta de reculer, en vain. La glace avait coincé ses pieds. La chose avait continué à grandir et devenir difforme. Elle continua de s’avancer vers mon frère et le saisit d’une force brutale. Zacko fut immobile, il avait l’air effrayé.

 

  • Je…vais…tous…vous…sauver

 

Mon petit frère tendit sa main dans ma direction, les larmes coulant sur son visage.

 

  • Je suis désolé Leïna… 

 

Ce furent ses dernières paroles.

 

La chose cria, hurla à plein poumon, de sa bouche démesurée, le froid se propageant comme les racines d’un arbre. À toute vitesse, le froid traversa les montagnes, les plaines, les lacs et les villes. Les oiseaux tombèrent un à un du ciel, le froid passa au travers des portes des maisons, s’empara de chacun des habitants de cette terre; on entendit encore le cri des mères ayant vu leur enfant devenir des statues de glaces.

 

Elle prit possession de mon frère, qui hurlait de douleur… Et le froid commença à envahir mon corps.  Il rentra dans mes poumons, me gela sang et coeur. Ce froid me priva de mes sens sauf un : la douleur. Une douleur terrible, foudroyante, qui fracassait chacun de mes os, chacune de mes articulations, la douleur me brûlait l’intérieur. Je ne pouvais crier ou me débattre car la douleur était vouée à prendre possession de ma raison et à me laisser mourir de folie. 

 

Par Zakary, Elda, Noro voir même Thalos par pitié sauvez-nous. Répétais-je dans ma tête. 

 

La douleur s'empressa de me faire perdre connaissance, face à ce lac glacé, la dernière chose que j’eus vue était Zacko qui lévitait au milieu de cet amas de glace. La douleur était si intense qu’elle m’avait eu, je m’étais évanouie.

 

La suite de l'histoire prochainement !


Posté le 15 juillet 2022 par MeDoudou